The tainted maths of music

Dans le cadre de la semaine En avant la MIZique, Jean-Louis GIAVITTO, CNRS - STMS, IRCAM, Sorbonne Université, donnera un séminaire le lundi 2 mars 2020 à 15h, Amphithéâtre Edouard BRANLY, dans les locaux de ESIEE.

Résumé

La musique a donné lieu à de nombreuses tentatives de formalisation mathématique. Dans cette présentation, nous voudrions montrer, à travers deux exemples, que loin de retrouver de jolies structures préexistantes, les notions mathématiques à l'œuvre sont ad-hoc et impures : elles ne répondent pas aux conditions de symétrie ou de simplicité que l'on recherche habituellement dans les définitions mathématiques. Ces structures sont impures mais effectives, car elles essayent de coller au plus près de la musique telle qu'elle se fait. Mon premier exemple repose sur une représentation topologique utilisée par le compositeur Sasha Blondeau pour concrétiser l'architecture de ses pièces. Influencé par la notion de Denkraum, utilisé par Aby Warburg pour organiser sa bibliothèque, le compositeur rend explicite grâce à ce formalisme un espace de composition virtuel qui matérialise les choix musicaux qui s'offrent à lui. Mon second exemple s'appuie sur le système Antescofo qui permet au compositeur de définir une réponse électronique et de la réaliser en tenant compte de l’interprétation de l’instrumentiste lors du concert. Le développement d'un tel système informatique oblige à formaliser une notion de temps suffisamment rigoureusement pour qu'une machine puisse partager son discours musical avec un instrumentiste humain. La notion de temps qui en découle est bien loin du temps "t" de la physique.